
En quoi consiste votre travail à la ferme ?
Je m’occupe du ménage, des bêtes, des poules, des veaux, puis du jardin. Je vais à la campagne, un peu, aux betteraves.
Donc vous avez une participation très directe sur pratiquement tous les travaux de la ferme ?
Oui.
C’était difficile pour vous, qui êtes une fille et qui n’étiez pas une fille de paysan ?
Oui, assez, au départ, c’était très dur. Je ne voyais absolument pas le métier de paysan dans ce sens. Je voyais qu’être paysan, ça allait tout seul, qu’il n’y avait pas besoin de réfléchir à toutes les choses auxquelles on doit réfléchir aujourd’hui. Et puis, je ne sais pas, je voyais qu’une femme de paysan allait à la betterave, mais je ne voyais pas tout ce qu’elle avait encore à faire à côté. Quand on rentre, on va aux betteraves jusqu’à cinq heures, après on rentre, il faut encore s’occuper des bêtes, puis il y a les enfants, les leçons… Il y a beaucoup de travail, beaucoup d’heures, on doit travailler assez tard le soir.
Qui s’occupe de la comptabilité et de toutes ces questions administratives ?
C’est les deux, enfin… mais plus moi. C’est moi qui fais les écritures.
La notion d’esclavage à la campagne, c’est vrai ?
Un peu, oui. On doit rentrer le dimanche pour traire, on ne peut jamais partir et se dire qu’on peut rester le soir. On a toujours le souci de rentrer. Le dimanche matin aussi, il faut se lever pour soigner les bêtes. Même si on rentre tard, on doit quand même se lever de bonne heure, on ne peut pas dire qu’on reste encore au lit.
Vous sortez un peu ?
Oui.
Qu’est-ce que vous faites quand vous sortez ?
Aux fêtes du village, ou au bal, et puis avec des amis. On fait des sorties, on va souper de temps en temps pour se distraire un peu quand même. On va aux courses de chevaux. Et puis on va beaucoup à la montagne, parce que mon mari tient à la montagne. On va presque tous les dimanches à la montagne.
Quels sont les grands avantages d’être femme de paysan ?
D’être ensemble. Que mon mari collabore, qu’on soit ensemble pour tout, en somme. On travaille ensemble, on a nos peines ensemble, on a tout ensemble.
Et c’est le cas ?
Oui, c’est comme ça. On est unis, on est les deux attachés ici.
Il n’y a pas une vie familiale plus intense aussi ?
Oui, oui. Les enfants sont toujours avec nous, et on est en famille. On travaille en famille.
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